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Pêche à pied et eau de baignade

Les saisons printanière, estivale et automnale sont propices pour profiter de la mer et des coquillages qu'elle laisse dans les sables de l'estran, lorsqu'elle se retire. Tout serait pour le mieux dans le meilleur des Mondes, si la présence des nombreuses algues vertes ne laissait pas supposer, non sans raison, une pollution constante et massive par les apports de nitrates apportés par les eaux du Guillec et de l'Horn. Vers la mi décembre 2007, en l'absence de limon pouvant teinter l'eau - la pluviométrique fut faible ce mois-là - il y avait des mousses suspectes en surface dans l'anse du Guillec. Une odeur nauséabonde dans l'air et la couleur de certaines nappes en surface ne faisait aucun doute sur l'origine de ces "apports" dans l'eau de mer, il s'agissait d'un véritable "déballastage" de lisier. J'ai d'ailleurs pris des photos, car il semblerait que ce n'était pas un cas isolé...

On peut penser que les nitrates ne sont pas les seuls polluants qui se retrouvent dans les eaux des rivières, donc de la mer et dans les sédiments marins, surtout que pendant de nombreuses années, les dioxynes en provenance de l'incinérateur de Ty Korn se sont répandues dans l'Horn et sans doute dans tout le secteur, y compris dans le Guillec, en même temps que les résidus des produits phytosanitaires. Le tas de machefers de l'ancien incinérateur de Ty Korn continuant même à polluer l'Horn dans une sorte d'indifférence générale.

Hors les analyses des eaux de baignades de l'anse du Guillec et des autres plages de Plougoulm ne semblent pas très ponctuelles, au mieux une fois par an, et on peut le regretter, car en période estivale, de nombreux enfants et leurs parents s'adonnent aux joies de la trempette et parfois du ramassage des fruits de mer.

Les coques et les moules, activement recherchées par les bassiers locaux et les estivants, sont des bivalves suspensivores qui se nourrissent en filtrant l'eau. Elles sont bien adaptées pour capturer des petits organismes et des particules, y compris, malheureusement, celles des polluants. Ces coquillages mériteraient, également, de faire l'objet d'analyses régulières. A défaut d'un suivi de la qualité alimentaire des bivalves, il serait envisageable de prévenir, par des affichettes, les baigneurs et les pêcheurs à pied sur de possibles risques de pollutions de l'eau et de l'éventuel danger de la consommation des coquillages.

Nul n'étant censé ignorer la loi, surtout si on lui rafraîchit la mémoire, il serait également bon de signaler aux bassiers qu'il existe des tailles de ramassages pour tous les hôtes de l'estran. Il est navrant que les communes du littoral qui incitent à la pratique de la pêche à pied dans leurs dépliants touristiques, ne protègent pas les animaux marins en affichant, sur leurs plages respectives, la liste des tailles légales de captures des coquillages, mais aussi des poissons. Sur les plages de Plougoulm en particulier, il n'y à pas 1 pour 100 des coques et des moules récoltées qui font la taille autorisée, ce qui risque, à court terme, de provoquer la disparition complète de ces populations de bivalves.

Protéger et gérer, c'est aussi faire durer...

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Article ajouté le 2008-01-01 , consulté 1374 fois

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